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24/08/2059 : Pathologies virtuelles

Une nouvelle section de l’Arche du Spitzberg voit le jour. Après la collecte des graines et la congélation des gamètes du plus grand nombre de formes de vie végétales et animales. Après la collecte des génotypes numérisés de ces différentes formes de vie, collecte poussée à une échelle vraiement planétaire, l’Arche s’attaque, bien tardivement, à la collecte des gènes de l’ensemble de vecteurs pathogènes connus et identifiés, que l’on parle de virus, bactéries, champignons ou poisons organiques (molécules complexes).
L’innovation de cette nouvelle évolution de l’Arche du Spitzberg est l’injection de ces modèles génétiques virtualisés dans un modèle numérique d’une planète également virtuel. Charge à des intelligences artificielles (IA) spécialisées de tester "in virtuo" l’ensemble de ces nouvelles entités digitalisées sur l’ensemble des modèles génétiques de toutes les formes de vie déjà présente dans les bases de données de l’Arche, en testant toutes les combinaisons possibles et inimagonabes...
Pour accomplir cette tâche, on parle de décennies tant elle est complexe. mais les efforts techniques et financiers consentis à ce nouveau projet, par ailleurs décrié (pourquoi numériser un virus plutôt qu’un papillon ?), seront compensés par "les bénéfices et retombées positives attendues par l’ensemble de la communauté scientifique au profit de l’humanité" déclare le porte-parole de la présidence de l’Arche du Spitzberg (Voir FH/YVA du 05/02/2057 : L’Arche de Noé mise en danger).
Cette organisation internationale ne cesse de prendre de l’ampleur déchaînant convoitises et jalousies. D’autant plus que travaillant sous l’égide de l’ONU, les découvertes concrétisées sous sa responsabilité tombent sous le coup des brevets humanitaires, donc inaccessibles à toutes exploitations privées et exclusives. Néanmoins certains s’interrogent sur des rapprochement douteux entre cette organisme public planétaire et certains grands groupes privés qui tentent de glaner certaines informations, tentant toujours, malgré les risques de lourdes sanctions prévues par le droit international, de détourner une autre interdiction : le brevet de tout matériel génétique humain (Voir FH/YVA du 08/12/2058 : Peuplades virtuelles).
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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17/08/2059 : Ubiquité numérique -

Vous êtes en réunion, vous dormez, vous êtes au cinéma, vous êtes en voyage... autant de situations au cours des quelles vous ne pouvez pas répondre aux personnes qui souhaitent entrer en contact avec vous, mais pour lesquels vous souhaitez rester joignable.
La vieille messagerie numérique peut remplir cette tâche... à moins que vous souhaitiez offrir à votre interlocuteur une gamme de réponses plus large. L’intelligence artificielle peut vous permettre cette fonction. Qu’on l’appelle le Hub-média ou AvRil (Avatar de Réseau Intelligent, évolution du ARI - Agent de Réseau Intelligent), cette interface propose à tout interlocuteur d’entrer en contact avec un clone numérique de vous-même et de le renseigner au mieux, en votre absence.
Ce clone numérique se "nourri" de tout ce que vous faites au cours de votre journée. Chacun de vos déplacements, chacunes de vos actions ou de vos choix remplissent la base de données de votre AvRil. Ce mouvement de centralisation avait été initié par Google, dans les années 10, avec Grand Central, système de convergence des appels téléphoniques et autre messageries électroniques. Aujourd’hui, la database tire ses informations de ces mêmes vecteurs mais aussi de votre système de paiement (CB ou embarqué à votre téléphone ou Navigo...). Vos conversations téléphoniques ainsi que le contenu de vos mails, les informations issue de votre CenDo (Centrale Domotique) sont autant de sources d’informations qui rendent votre AvRil toujours plus crédible à vos interlocuteurs en votre absence. Les carnets d’adresses, qu’ils sont privés ou sociaux (Facebook et consorts...) sont la colonne vertébrale de la hiérarchisation de ce flot de données : déterminer si telle ou telle information est de l’ordre de l’intime, du privé, des relations civiles, administratives ou professionnelles... Et donc, ne divulguer ce informations qu’aux personnes concernées, informations qui tombent sous le coup des lois PEMA (Private Electronic Mail Address).
Un autre aspect du paramétrage de l’AvRil est son apparence. Vous pouvez choisir un clone immuable ou évolutif (les critères ne manquent pas...), un clone réaliste ou bien encore une forme fantaisiste... Ces diverses options réagissant aux mêmes règles de hiérarchisation de l’information. Un ultime choix, parmi une multitude, est celui de prévenir ou non votre interlocuteur qu’il s’adresse à un avatar. Cette option prenant toute sa "saveur" quand vous faites le choix d’avatar réaliste de votre image réelle. Cette option, la plus troublante, étant aussi la plus révélatrice de l’évolution de l’Intelligence Artificielle sur les réseaux ! Elle induit beaucoup de choses dans les relations inter-personnelles... D’autant plus qu’elle oblige le propriétaire à se renseigner régulièrement sur les conversations que son AvRil aura pu avoir avec son entourage.
Ainsi, l’enjeu de cette nouvelle technologie, mise à la disposition du grand public, se situe dans l’influence que la technologie peut avoir dans les relations humaines. Que se passerait-il si une personne, pour telle ou telle raison, "abandonne" ses contacts avec le monde réel à son AvRil ? L’AvRil a-t-il une existence légale ? Une administration peut-elle tenir comme authentique des informations fournies par un AvRil ? Un utilisateur peut-il se décharger d’une responsabilité en avançant l’argument que l’AvRil n’est pas habilité à répondre à sa place dans tel ou tel domaine ? Le virtuel qui par l’intermédiaire de ces interfaces intelligentes de substitutions font une entrée fracassantes dans le monde réel, ne va-t-il pas encore plus troubler un monde que beaucoup sentent en manque de repères ?
D’après une idée de Christian Gatard.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro


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27/07/2059 : Chantage gazeux - - -


L’Or Blanc, l’hydrogène liquide, n’arrive pas à stabiliser son cour sur les places boursières de la planète. Comme le fit en son temps l’OPEP, l’ENPO (Exportating Nitrogene Producers Organisation) joue avec les nerfs du monde industrialisé, qui, désormais, dépend de cette source d’énergie pour ses applications civiles. La situation globales est d’autant plus tendue que, les unes après les autres, les autorités militaires de la plupart des pays industrialisés ou producteurs de pétrole (aussi petite que soit cette production) annoncent la main mise sur les dernières réserves et ressources pétrolières. Certains pays n’ayant pas hésité à nationaliser des compagnies pétrolière afin de s’assurer l’exclusivité de ces ressources. Toutes ces situations participant à l’instabilité économique et politique de la planète, au cours des derniers mois (lire FH/YVA du 06/08/2057 : Pétrole & mat !).
En faisant abstraction de la situation militaire, l’hydrogène, que se soit sous la forme de la pile à combustion ou toute autre variante, est partout, bien qu’on l’oublie trop souvent. Ainsi, qu’elle soit miniaturisée pour alimenter tous les appareils électroniques qui nous accompagnent dans notre quotidien ou qu’elle de taille conséquente dans nos véhicules personnels ou collectifs, la pile à
combustion a vite supplanté le moteur à combustion et les autres sources d’énergie portatives, principalement la batterie chimique. Car s’il ne restait qu’une invention à découvrir et à développer, ce serait celle qui permettrait le stockage de l’énergie, peut importe sa forme, à grande capacité et haut rendement.
Plus le monde se développe, plus il est mobile. De la fin XIXe siècle au début du XXIe, le moteur à combustible fossile fût le meilleur moyen de transporter de l’énergie immédiatement accessible. Les équipements miniaturisés du XXIe siècle ont permis l’utilisation du stockage énergétique chimique. L’étape suivante a été la standardisation de la recharge des batteries par induction : des surfaces émettrices intelligentes qui se généralisent dans les lieux publics tout aussi bien que privés... un matériel qui sait indiquer ses caractéristiques électriques et la charge se fait par simple contact.
Une autre étape à été franchit avec la miniaturisation nanotech qui a encore réduit la consommation énergétique des matériels nomades, ces mêmes nanoT qui ont permis l’augmentation notoire du rendement des cellules photovoltaïques. Mais le vrai réservoir à énergie reste toujours à imaginer... et l’hydrogène le meilleur combustible propre (quoique la production généralisée de vapeur d’eau finisse, un jour par faire parler d’elle...) pour les gros matériels qui doivent être énergétiquement autonomes.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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15/06/2059 : La vie de château dans le ciel


Heureusement pour lui, le grand public n’a pas les mêmes exigences de performance que les militaires. Sur de longues distances, la réponse se nomme 2WAN (World Wide Aeropole Network) et la solution technique est une vieille recette préparée avec les ingrédients les plus performant qu’offrent les nanotech : des dirigeables géants.
L’ONU et l’OMNEE (Organisation Mondiale de Normalisation des Echanges Economiques, organisme qui régule les moyens de production sous toutes les latitudes de la planète afin d’éviter les situations de dépendance économique) ont tout fait pour convaincre les acteurs du secteur aéronautique, à priori sceptiques, de se lancer dans le développement de ce réseau basé sur un grand nombre d’engins volants, de très grande capacité et gérés de manière collective par les compagnies aériennes qui y ont accès. Côté passagers, comme dans les transports en commun terrestres, ils ne doivent s’acquitter que d’un titre de transport forfaitaire. Ce billet leur donnant accès aux navettes qui les transportent du sol vers ces cités volantes qui, une fois à leur altitude de croisière, ne sont plus destinées à atterrir.
Fruits du génie humain et surtout nanotech qui a donné naissance à des matériaux aux performances exceptionnelles, les aéropoles sont également "énergie positive" : le revêtement nanoT extérieur est photosensible et fournit ainsi l’énergie aux propulseurs. les navettes profitent également de cette manne énergétique.
Et le grand public a tôt fait de approprié ces lieux. Aujourd’hui, on compte 14 aéropoles qui sillonnent les cieux de la planète. Les chantiers mandatés tournent à plein régime en Europe, aux Etats Unis d’Amériques, en Chine, Russie, Brésil, Inde et en Afrique du Sud pour la CAC (Communauté de l’Afrique Continentale). Les surfaces "habitables" des aéropoles ne cessent de grandir... on parle désormais d’hectares... dans lesquels les gens vont, viennent, restent, parfois, plus longtemps que prévu. Les services embarqués sont de plus en plus complet : les premiers hôtels ont récemment ouverts.
Aux dires de responsables du 2WAN, c’est cette nouvelle manière de voyager "à l’international" qui a été le plus complexe à négocier auprès des nations du monde. Il a fallu, en effet, les convaincre de la création d’un "espace Schengen", à l’échelle de la planète, qui engloberait les pays dont les infrastructures aéroportuaires souhaitent avoir accès aux aéropoles. Cette espace de libre circulation des citoyens leur permet de monter à bord d’un aéropole et d’en descendre quand bon leur semble, comme dans tout transport en commun communautaire. Une révolution planétaire vers une nouvelle communauté planétaire.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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08/06/2059 : Domotique ou majordome robotique ?


Les économies d’énergie ou, plus précisément, l’optimisation de sa consommation restent, depuis plusieurs décades, la grande thématique qui concentre tous les efforts industriels, tous domaines d’activités confondus.
Le logement individuel n’y echappe pas, il est même devenu une science comportementale et technique : la domotique. Mais, chacun, en son logement, ne reçoit pas de traitement égale en matière de domitique. Tout dépendant de la date de construction. Et, notre pays est riche, en millions, de logements bâtis bien avant l’avènement de cette science qui occupe bien des amphithéâtres de faculté et fait la fortune des équipementiers domestiques.
Pour faire simple, chaque proprietaire ou locataire d’un de ces logements anciens, si celui-ci n’a pas été "mis à jour", se trouve face à trois choix : laisser le logement en l’état de "logement inerte", se lancer dans des travaux d’intégration de systèmes domotiques ou faire l’aquisition d’un majordome robotique.
La première des trois situations bien que n’étant pas "politiquement correcte", recueille les suffrages de nombreux foyers, principalement chez les personnes propriétaires de leur logement. Les bailleurs font plus facilement le pas des travaux, incités par les aides gouvernementales.
Alors que l’on pourrait souhaiter voir s’accélérer le rythme de ces travaux, les estimations les plus optimistes n’envisagent la domitisation de l’ensemble du parc de logements français et européens que sous des délais qui se comptent encore en décennies... Car, comme alternative aux investissements et désagréments conséquents aux travaux de domitisation, l’aquisition d’un majordome robotique trouve une place toujours plus grande dans le coeur du grand public. Choix paradoxal au regard de l’hostilité toujours palpable à l’égard de la présence des robots en ville.
Le robot qui semble donc trouver sa place dans la sphère privé se révèle ètre un excellent "manager d’espace domestique" : répondre aux commandes vocales (listes de courses, réglage de température, commandes de lumière, de musique ou d’un plat cuisiné... plus, tout ce qu’il peut gérer de manière autonome, selon un protocole établit par logiciel intégré( ou téléchargé, pour les propriétaires de robots non spécialisés). Les promoteurs de la robotique voient dans les majordomes un excellent moyen de faire progresser le nombre de robots dans la cité d’une manière douce, ventant les mérites d’une domitique beaucoup plus souple et adaptable au plus près des désirs et comportements de chacun, en opposition totale avec la domitique intégrée, plus discrète mais figée, selon ses détracteurs.
La domotique dite intégrée est pourtant bien une forme de robotique... quoique plus discrète ! Il semblerait, qu’une nouvelle fois, ce soit la guerre de l’anthropomorphisme du robot qui fasse rage !

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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01/06/2059 : Publicité intrusive - -


L’anondin e-flyer que l’on rapporte chez soi peut se révéler plein de qualités inattendues... Ce petit document que l’on vous tend à la sortie du métro, que vous trouvez à votre place de restaurant ou que l’on glisse dans votre boîte à lettres, pour ceux qui en possèdent une encore, a suivi de très près les évolutions de la technologie, des comportements et modes de consommation.
Le e-flyer, dernier avatar du prospectus publicitaire, est, à n’en pas douter, un outil de marketing du XXIe siècle, beau, moderne, attractif...les plus grands graphistes se sont essayés à cet exercice de style. Il essaye surtout de se démarquer du marketing invisible par ICIC, "identification et ciblage des individus dans leurs circulation au sein de la cité" (définition du LOL, Larousse en ligne). Les citoyens pour lesquels la rue est et doit rester un lieu de liberté, refusent en nombre toujours plus important d’être les cibles de décryptage de leurs comportements. Il suffit de voir le succès de ces petits articles de mode doté de dispositifs "anti-RFID" pour s’en convaincre : on a beau être de son temps, on en apprécie encore mieux ses instants d’anonymat numérique.
Mais, hélas, le marketing a trouvé la parade avec le e-flyer (vous noterez que les professionnels de la communication qui font appel au e-flyer le nomme "flyer", l’ablation du "e", pour électronique, tentant de faire oublier les capacités communicantes de cette petite image). Sur le principe des journaux "jetables", le e-flyer est devenu DD (Développement durable), il est surtout devenu communicant "dormant". Il arborre une belle image, portant un message plus ou moins neutre.
Au lieu d’être ouvertement réactualisable afin de toujours réduire l’agression que le consommateur pourrait ressentir, le e-flyer attend son heure. Il attend, après avoir été glissé dans une poche pour atterrir sur un bureau ou dans une cuisine... C’est à ce moment-là qu’il lance son protocole de communication qui révèle toute la stratégie des publicitaires. Sous prétexte que l’e-flyer aie été saisi et déposé, d’une manière qualifiée de "volontaire" par le législateur, sur un quelconque meuble d’un endroit pourtant privé ou assimilé, l’e-flyer a le droit d’interroger les systèmes environnants afin, dans un premier temps, de qualifier l’individu qui réside ou travaille dans ce lieu (le législateur a, au moins, protégé le nom de cette personne), qualification accompagnée de son lot de questions marketing sur les goût et habitudes... Dans un second temps, l’e-flyer propose d’entrer en contact avec cette personne de diverses manières : mails, courriers physiques, appel téléphonique, dépêche publicitaire... Si votre système est mal configuré... vous êtes sollicité contre votre gré.
La vie de l’e-flyer finissant par le recyclage, son retraitement débutera pas la récupération de toutes données qu’il aura pu saisir. Elles seront sources d’information pour les sevices de marketing : trajet, temps de vie avant recyclage, et profil de la personne "flashée" par l’e-flyer.
Scénario de cauchemar ? Des autorisations exceptionnelles ont été accordées, jusqu’à ce jour, à titre d’étude et de test... Il n’empêche qu’après le quizz de votre magazine préféré qui vous "profile" dans le même temps que vous vous divertissez, une nouvelle étape est en passe d’être franchit dans la violation de la sphère privée avec des moyens légaux, pourtant bien fragiles ! Quelle liberté reste-t-il au simple passant qui ne veut pas rentrer dans le jeu de la société ludo-consommatrice qui doit, par tous les moyens imaginables, amortir ses investissements toujours plus importants ?

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25/05/2059 : Espionnage industrio-privé

Pour vous rendre à votre travail, vous utilisez, sans y penser, la puce RFID qui est implantée dans votre bras. Elle vous identifie à l’entrée de votre entreprise, elle vous donne accès à votre poste de travail ou à votre ordinateur, ou bien encore, elle vous ouvre les portes de la cafétéria de la société.
Les services rendus par cette petite puce identifiable par fréquences radio sont innombrables. Pour toutes ces raisons, utiliser dans le cadre de l’entreprise un dispositif anti-RFID est contraignant et très mal vu. Pourtant, il est un lieu de l’entreprise où Pierre Martin (les noms ont été modifiés) aurait du utiliser ce genre d’appareil de "dissuasion" : les toilettes. Aujourd’hui, il aurait encore son travail.
Aussi aberrant que cela puisse paraître, à lui et à toutes les autres personnes qui n’ont pas la meilleure des santés, on pourrait conseiller d’utiliser les commodités de lieux publics ou collectifs tels que les restaurants ou les bibliothèques...
Pourquoi ? Parce que, à l’insu de son personnel, l’entreprise de monsieur Martin a doté l’ensemble de ses toilettes d’analyseurs bio-médicaux afin de suivre "l’évolution sanitaire de son personnel" dixit la direction de la communication de cette entreprise indélicate. Elle se retrouve avec son salarié remercié devant les juges des Prud’hommes. Or ces appareils incriminés ont révélé chez Pierre une hépatite B résurgente, datant d’une contamination conséquente d’un voyage de jeunesse dans les années 30. Pierre invoque la violation de la vie privée. L’entreprise se défend en rappelant que l’ensemble des salariés signe dans leur contrat d’embauche une clause d’obligation d’information d’un état de santé particulier du fait de l’activité sensible de l’entreprise ; celle-ci est fortement impliquée dans le bio-médical.
Les Prud’hommes se déclareront sûrement incompétents, renvoyant ce dossier devant un tribunal civil. La procédure sera plus longue, au détriment de Pierre, le maintenant sans activité. Mais ce renvoi va donner une plus large diffusion à un cas qui est loin d’être isolé. Le législateur acceptera-t-il enfin de faire son travail a propos de l’utilisation inappropriée de données personnelles ?
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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18/05/2059 : Connaissance à apprivoiser

Maintenant que les risques de syndrome de Richardsson (du nom du joueur d’échec décédé devant les caméras du monde entier d’un Nano Data Storage Massive Leak) sont maîtrisés, la généralisation des implants mémoriels pose une véritable interrogation quand à la valeur du savoir.
Le cinéma comme la littérature de SciFi nous ont abreuvé de vulgarisation, d’intégration artificielle du savoir et autres connaissances, sans trop se soucier du rapport qu’il peut exister entre cette connaissance et l’expérience physique qui lui est associé. Autrement dit le rapport entre l’intellectuel et le psychomoteur qui découle de la composante affective non négligeable dans l’appropriation de la connaissance.
De plus en plus de gens se font implanter des mémoires hybrides pour conserver des chiffres, des images des textes… Les Interfaces PGUI (Psycho Graphic User Interface) appelé familièrement Pinguin (le lien avec le pingouin de Linux reste pertinent…) sont de plus en plus abouties, d’ou cette généralisation. Certains vont jusqu’à arborer les implants tels des bijoux en se rasant les cheveux autour du rocher (l’éminence osseuse derrière l’oreille), du côté où ils portent l’implant. Avec l’implant, le rocher double de volume.
Si on peut assimiler toute connaissance, que vaut l’assimilation de l’histoire de l’architecture sans l’expérience physique de la balade dans les murs, que vaut l’assimilation de tous les coups d’escrime sans la sensation de l’effort dans son propre corps ? Ce sont, en tout cas, les directions que prennent les laboratoires : la modélisation de l’expérience physique de l’apprentissage d’une connaissance.
Les premières expériences se font sur les cinq sens premiers (goût, toucher, ouie, odeur et vue), l’expérience psychomotrice viendra dans un deuxième le temps.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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